En passant par Samarkand...
Novembre 2006
Samarkand se trouve à mi-chemin entre Dushambe et Tashkent. Une halte s'imposait...
Novembre 2006
Samarkand se trouve à mi-chemin entre Dushambe et Tashkent. Une halte s'imposait...
On l'entend partout en ce moment sur les bazars d'Ouzbékistan et du Tadjikistan. Le chanteur s'appelle Ozodbek Nazarbekov et il est ouzbek je crois. Il chante en Ouzbek. J'adooorrrreee !!!!! Ecoutez !
Au Tadjikistan, comme dans toute l'Asie centrale, la saison des mariages bat son plein dès la fin du ramadan. Voir les photos
Non ! Contrairement à ce que l'on peut lire un peu partout, l'opéra n'est pas interdit au Turkménistan ! Preuve en est, ce concert très académique donné au conservatoire d'Achgabad par une élève de la classe de chant lyrique - seuls sont interdits les ballets car Turkmenbashi (le père des Turkmènes) juge les danseuses en tutu trop indécentes...
Dans la spacieuse salle de concert du conservatoire, il n'était que de voir le recueillement et l'air de componction affiché par les professeurs et membres du jury devant la performance de l'élève, peinant et s'appliquant sur l'air des bijoux de Gounod, pour comprendre l'importance de l'enseignement du chant lyrique " occidental " dans la république.
Le président veille. Saparmurad Niazov, celui qui se fait appeler Turkmenbashi, père des Turkmènes, est partout. Même dans les couloirs du conservatoire de musique... Dans les salles de cours aussi.
Quand ce n'est pas lui, c'est sa mère, Gurban-soltan, morte pendant le tremblement de terre de 1948 et qu'il a transformée en héroïne nationale, qui veille sur les étudiants. Un des mois de l'année a même été rebaptisé Gurbansoltan en sa mémoire.
Un cours de dutar, l'instrument national turkmène, va commencer. Les étudiants sont en uniforme : costume gris, calot turkmène sur le sommet de la tête (une couleur pour les garçons, une autre pour les filles), sans oublier l'effigie argentée du président épinglée au revers des vestons.
Un chauffeur de taxi à la frontière turkmène attend le client.
Vladislav Ivanovitch, un retraité de la mine d'Almaliq
Murad, un prisonnier tadjik travaille à l'entretien des rails de la mine d'Almaliq
Odel, 12 ans, ramasse la ferraille rouillée après l'école pour faire vivre sa famille.
Munisa, 11 ans, chez elle après l'école. Son père est gravement malade, probablement les causes de la pollution de la mine toute proche, sa mère ne travaille pas.
Un paysan le long de la frontière turkmène. Il ramasse du bois pour le chauffage car le gaz a été coupé suite à la fermeture totale des frontières entre les deux pays.
Khorezm. Cet homme est père de neuf garçons et une fille. La veille, il a marié un fils.
Ci-dessous, la fille de ce même homme
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Ici, on l'appelle le berger. Il vit dans un village du Khorezm, à 30 mètres de la frontière turkmène.
Durant notre séjour au Turkménistan, nous avons rencontré, par le plus grand des hasards, d'excellents musiciens classiques, joueurs de dutar, l'instrument national turkmène. A cause de la barrière de la langue, je crois qu'ils nous ont pris pour des impressarios... Ils n'ont jamais su que nous étions journalistes, cela aurait pu les mettre en danger.
Nous étions souvent invités le soir chez Akmyrat, notre ami, pour de petits concerts dans un deux-pièces des faubourgs d'Achgabad. Ils semblaient heureux de nous faire connaître la musique traditionnelle turkmène. A la fin de notre séjour, Yazmyrat Rejepow, le frère d'Akmurad, professeur de dutar au conservatoire et compositeur, nous a fait part de son désir de venir faire un concert en France, lui et ses amis. J'essaye donc de faire connaître leur musique ici et là. A cette occasion, j'ai appris qu'ils n'étaient pas inconnus, même en Europe. Yazmyrat Rejepow au dutar : clic !
Vous verrez, la musique est étrange, envoûtante, les voix un peu guturales. Un soir j'ai pu entendre une mère chanter une berceuse à son bébé, c'étaient les mêmes sons incroyables, partant de la gorge.
Pour écouter Osman Güjümow (dutar et chant) : clic ! (je vous recommande tout particulièrement ce morceau)
Il est professeur de dutar au conservatoire d'Achgabad.
Pour écouter la bakhshi (barde, chanteuse) accompagnée par Osman : clic !
J'ai compris qu'elle était élève au conservatoire, en dernière année, sans doute une des meilleures... Elle s'appelle Aybolek Mämmetgulyyewa.
Vous voulez rire un peu ? Ecoutez
Pardonnez la qualité mais c'est un enregistrement d'enregistrement...
Depuis Téhéran, nous avons traversé le nord de la République islamique pour nous rendre au Turkménistan. Un accueil inouï des Iraniens. Invitations à déjeuner, à dîner, à dormir. C'en était presque comique. Là-bas il semble que l'étranger soit roi. Nous avions l'impression d'être les premiers touristes qu'ils aient à se mettre sous la dent depuis longtemps. Et cette fierté aussi, que l'on ressentait nettement chez eux, à s'afficher avec des " occidentaux ". L'un d'eux nous a expliqué que si les iraniens étaient accueillants à ce point avec l'étranger, c'était pour faire pendant à leur gouvernement, pour montrer que le peuple iranien n'était pas comme son gouvernement.
Notre plus grande surprise (et fou-rire), a été à Gorgan, une petite ville du Nord, lorsque nous sommes entrés dans un cybercafé pour demander un renseignement. Sans autre forme de procès, le patron et deux de ses amis ont abandonné leur clients, nous ont fait signe de les suivre, ont appelé un taxi et nous ont conduits à notre destination. Nous étions en bonne escorte ! Le tout sans parole ou presque. Puis ils ont réglé le taxi, refusant énergiquement que nous payions.
Même les commerçants étaient réticents à nous faire payer ! Jusqu'au patron d'un grand hôtel de Mashad qui nous invita pour notre prochain séjour : " Vous serez mes hôtes." Et Ali, rencontré par hasard, qui ne voulait plus nous quitter. Il semblait sur le point de pleurer lors des séparations. Il avait vainement insisté pour que nous venions dormir chez lui. Il s'était démené pour passer dans son village en notre compagnie. Il voulait être vu avec nous. Oui, très déroutant tout ça.
Malheureusement j'ai fait peu de photos. Sans doute l'ambiance extrêmement lourde et pesante pour une femme. Je n'avais qu'une seule envie : arracher ce voile qui me tenait chaud et entravait mes mouvements et passer rapidement mon chemin...
Un an après... J'ai retrouvé Tashkent et sa lumière blanche, toujours aussi douce et fascinante... Ses habitants... paisibles, amicaux et accueillants. Tashkent, plaisir des yeux, des ballades, des rencontres... Tashkent... onirique... Le temps de refaire des visas pour l'Iran et le Turkménistan, j'y ai passé dix jours.
Voir l'album photos en écoutant YulduzUsmonova, la reine de la variété ouzbek, que l'on entend sur tous les bazars d'Asie centrale, de Kashgar à Achgabad en passant par Tashkent.