Les habitants de cet endroit du Caire sont tous dealers, délinquants ou bien bouchers (les abattoirs de la ville ne sont pas loin). Toute la misère du Caire semble s'être concentrée dans ce lieu, un cimetière délabré autour d'une mosquée, une sorte de territoire ghetto à l'abri des regards. C'est là que vivent ces gens. Ici, l'étranger n'est jamais bienvenu. On n'aime pas montrer sa misère. Le soir, les habitants se retrouvent autours de hadras (des lieux où l'on danse sur du " zikhr ", la musique qui mène les soufis à la transe). Ce sont des hadras un peu dégénérés, mis au goût populaire, car les femmes aussi y prennent part. Des femmes toutes un peu sorcières et diseuses de bonne aventure. Elles profitent de ces rassemblements pour exercer leur art dans des recoins sombres. Des buvettes sont installées dans les ruelles, des guirlandes d'ampoules apportent l'éclairage.